mercredi 27 mai 2009
Blue Room Event
Yoko Ono, born in 1933
This room is bright blue.
This room glows in the dark while we are asleep.
This room slowly evaporates every day.
This room moves at the same speed as the clouds.
Find other rooms which exist in this space.
This room gets as wide as an ocean at the other end.
This room gets very narrow like a point at the other end.
This window is 2000 ft long.
This window is 2000 ft wide.
Many rooms, many dreams, many countries in the same space...
This line is a part of a very large circle.
This is the ceiling
This is the floor
Stay until the room is blue.
This is not here.
(1966)
[Photo : John Lennon et Yoko Ono, Bed-in de Montréal, 1969]
jeudi 20 mars 2008
Le printemps
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a ni bête, ni oiseau
Qu'en son langage ne chante ou crie
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.
Rivières, fontaines et ruisseaux
Portent en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie
Chacun s'habille de nouveau.
[Illustration : Les Très riches heures du Duc de Berry - Avril]
mercredi 5 décembre 2007
Le télégraphe ... Le sperme de qualité supérieure ... Promenade dans les bois
Lors de la Première Guerre Mondiale le télégraphe servit surtout à envoyer des messages secrets et à intercepter les messages de l'ennemi et à émettre de faux messages pour induire l'ennemi en erreur. Et lors de la Deuxième Guerre Mondiale les Anglais inventèrent l'ordinateur pour déchiffrer les messages secrets puis dans les années 60 les Américains inventèrent l'Internet de peur que dans une future guerre mondiale les Russes puissent retenir des informations vitales pour la liberté et la démocratie. Et trois cent soixante-dix millions de personnes avaient accès à l'Internet et pouvaient communiquer leurs pensées et leurs désirs librement et sans entraves. Et certaines agences de tourisme proposaient aux hypercitoyens des voyages virtuels sur mesure vers des destinations lointaines par l'intermédiaire de l'Internet pour des prix avantageux. Et les femmes pouvaient commander sur l'Internet du sperme d'un donneur anonyme et certains laboratoires proposaient du sperme d'hommes de qualité supérieure d'astrophysiciens d'ingénieurs de joueurs de basket etc. Les femmes pouvaient choisir leur sperme selon cent quinze critères différents : nationalité origine race religion niveau d'études passe-temps favori emploi taille poids groupe sanguin couleur des cheveux pilosité taille des testicules etc. et pouvaient s'acheter par exemple le sperme d'un biologiste américain d'origine afghane de trente-six ans aux cheveux noirs et aux yeux bleus ou le sperme d'un ingénieur aéronautique du Kansas de quarante-deux ans de religion baptiste et d'origine néerlando-ukrainienne ou le sperme d'un joueur d'échecs prometteur de dix-sept ans d'origine chinoise à petits testicules. Une dose de sperme coûtait une moyenne de 1 050 dollars américains port compris et les femmes pouvaient commander en même temps un enregistrement de la voix du donneur. L'enregistrement disait BONJOUR ! QUEL BEAU TEMPS AUJOURD'HUI ! L'IDÉAL POUR UNE PROMENADE DANS LES BOIS. J'ESPÈRE QUE VOUS SEREZ SATISFAITE DE MOI. Et une femme qui avait commandé l'enregistrement sonore réclama une remise de 10% sur le sperme parce que le donneur zézayait.
(In Europeana, une brève histoire du XXème siècle, 2001. Trad. du tchèque)
mardi 30 octobre 2007
Vespasien
Vespasien
Empereur romain
Pissait toujours contre les murs.
C'était sa nature
On n'y pouvait rien.
Qu'il soit en armure
En robe de lin
Qu'il fasse très noir
Beau sec, incertain
Aussi bien le soir
Qu'au petit matin,
A la vue d'un édifice
Il fallait qu'il pisse.
Quand il traversait le désert
Pour aller à la guerre
Ses esclaves, toute la nuit,
Fabriquaient des murs qu'ilq posaient en douce devant lui.
L'empereur Vespasien bruissait alors comme une source.
Il dictait des lois
Rendait la Justice
Parlait le Gaulois
Jouait aux boules avec les rois.
Avec le menu frottin
Il penait une voix off.
Il avait des tas d'copains
Piochés dans les philosophes.
On l'a vu qui présidait
Couvert de simplicité
des ventes de charité.
Très poli avec les dames
Très poli avec les chiens
Il avait un coeur une âme
Digne des martyrs chétiens.
Il payait de sa personne,
Un bon empereur en somme.
Mais lorsqu'il voyait un mur!...
C'était sa nature
On n'y pouvait rien.






Charles d'Orléans, 1391-1465