samedi 7 novembre 2009
A Mercy
[...] I walk the night through. Alone. It is hard without Sir's boots. Wearing them I could cross a stony riverbed. Move quickly through forests and down hills of nettles. What I read or cipher is useless now. Heads of dogs, garden snakes, all that is pointless. But my way is clear after losing you who I am thinking always as my life and my security from harm, from any who look closely at me only to throw me away. From all those who believe thet have claim and rule over me. I am nothing to you. You say I am wilderness. I am. Is that a tremble on your mouth, in your eyes? Are you afraid? You should be. The hammer strikes air many times before it gets to you where it dies in weakness. You wrestle it from me and toss it away. Our clashing is long. I bare my teeth to bite you, to tear you open. Malaik is screaming. You pull my arms behind me. I twist away and escape you. The tongues are there, close by. I am swinging and swinging hard. Seeing you stagger and bleed I run. Then walk. Then float. An ice floe cut away from the riverbank into deep winter. I have no shoes. I have no kicking heart no home no tomorrow. I walk the day. I walk the night. The feathers close. For now.
It is three months since I run from you and I never before see leaves make such blood and brass. Color so loud it hurts the eye and for relief I must stare at the heavens high above the tree line. At night when day-bright gives way to stars jeweling the cold black sky, I leave Lina sleeping and come to this room.
(in A Mercy, Knopf edition, 2008)
[Illustration : The Seattle Times]
mardi 3 novembre 2009
Race, culture et respect
Claude Lévi-Strauss, 1908-2009
RACE ET CULTURE
Cliquez sur la photo pour écouter Claude Lévi-Strauss
ou, si le lien ne fonctionne pas : sur le site de l'UNESCO.
[La mission Claude Lévi-Strauss dans son campement, Amazonie, 1935 (musée du Quai Branly)]
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Extraits de la DÉCLARATION D'EXPERTS SUR LES QUESTIONS DE RACE (20 juillet 1950)
1. Les savants s’accordent en général à reconnaître que l’humanité est une et que tous les hommes appartiennent à la même espèce, Homo sapiens. […]
4. En résumé, le mot « race » désigne un groupe ou une population caractérisée par certaines concentrations, relatives quant à la fréquence et à la distribution de gènes ou de caractères physiques qui, au cours des temps, apparaissent, varient et souvent même disparaissent sous l’influence de facteurs d’isolement géographiques ou culturels. […]
5. Tels sont les faits scientifiques. Malheureusement dans la plupart des cas, le terme « race » n’est pas employé dans le sens défini ci-dessus. Beaucoup de gens appellent « race » tout groupe humain arbitrairement désigné comme tel. […]
6. […] Les graves erreurs entraînées par l’emploi du mot « race » dans le langage courant rendent souhaitable qu’on renonce complètement à ce terme lorsqu’on l’applique à l’espèce humaine et qu’on adopte l’expression de « groupes ethniques ».
7. Quelle est l’opinion des savants […] en ce moment la plupart d’entre eux sont d’accord pour diviser la majeure partie de l’espèce humaine en trois grands groupes, à savoir : le groupe mongoloïde ; le groupe négroïde ; le groupe caucasoïde.
9. Quelle que soit la classification qu’un anthropologue propose, il n’y fait jamais intervenir les caractères mentaux. […] Les tests ont démontré la ressemblance fondamentale des caractères intellectuels entre les différents groupes humains. […]
11. On n’a jamais pu démontrer de façon décisive l’existence de différences innées de tempérament entre groupes humains. […]
13. Tous les faits qui ont pu être recueillis concernant les croisements des races attestent qu’ils n’ont cessé de se produire depuis les temps les plus reculés. […] il n’a jamais pu être établi que les croisements de races aient des effets biologiques néfastes. […]
14. […] En réalité, la « race » est moins un phénomène biologique qu’un mythe social. Ce mythe a fait un mal immense sur le plan social et moral ; récemment encore, il a coûté d’innombrables vies et causé des souffrances incalculables […]
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Examinons maintenant les incidences de toutes ces considérations sur le problème de l’égalité entre les hommes. Il faut affirmer tout d’abord, et de la manière la plus catégorique, que l’égalité en tant que principe moral ne repose nullement sur la thèse que tous les êtres humains sont également doués. […] On a cependant exagéré les caractères différentiels entre groupes humains et l’on s’en est servi pour contester la valeur du principe éthique de l’égalité. […] Enfin, les recherches biologiques viennent étayer l’éthique de la fraternité universelle […] Chaque être humain n’est qu’une parcelle de l’humanité, à laquelle il est indissolublement lié.
Lire le texte intégral : ici
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Extrait de la DÉCLARATION SUR LA RACE ET LES PRÉJUGÉS RACIAUX (27 novembre 1978)
Article 2
1. Toute théorie faisant état de la supériorité ou de l'infériorité intrinsèque de groupes raciaux ou ethniques qui donnerait aux uns le droit de dominer ou d'éliminer les autres, inférieurs présumés, ou fondant des jugements de valeur sur une différence raciale, est sans fondement scientifique et contraire aux principes moraux et éthiques de l'humanité.
2. Le racisme englobe les idéologies racistes, les attitudes fondées sur les préjugés raciaux, les comportements discriminatoires, les dispositions structurelles et les pratiques institutionnalisées qui provoquent l'inégalité raciale, ainsi que l'idée fallacieuse que les relations discriminatoires entre groupes sont moralement et scientifiquement justifiables; il se manifeste par des dispositions législatives ou réglementaires et par des pratiques discriminatoires, ainsi que par des croyances et des actes antisociaux; il entrave le développement de ses victimes, pervertit ceux qui le mettent en pratique, divise les nations au sein d'elles mêmes, constitue un obstacle à la coopération internationale, et crée des tensions politiques entre les peuples; il est contraire aux principes fondamentaux du droit international et, par conséquent, il trouble gravement la paix et la sécurité internationales.
3. Le préjugé racial, historiquement lié aux inégalités de pouvoir, se renforçant en raison des différences économiques et sociales entre les individus et les groupes humains, et visant encore aujourd'hui à justifier de telles inégalités, est totalement injustifié.
Lire le texte intégral : ici
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DIVERSITE ET RESPECT - Cérémonie du soixantième anniversaire de l’adoption de l’Acte constitutif de l’UNESCO (16 novembre 2005)
[...] Diversité culturelle et diversité biologique ne sont donc pas seulement des phénomènes du même type. Elles sont organiquement liées, et nous nous apercevons chaque jour davantage qu’à l’échelle humaine, le problème de la diversité culturelle reflète un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente, celui des rapports entre l’homme et les autres espèces vivantes, et qu’il ne servirait à rien de prétendre le résoudre sur le premier plan si l’on ne s’attaquait aussi à lui sur l’autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de chaque homme envers les cultures différentes de la sienne n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. En isolant l’homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l’en séparent, l’humanisme occidental hérité de l’Antiquité et de la Renaissance a permis que soient rejetées, hors des frontières arbitrairement tracées, des fractions chaque fois plus prochaines d’une humanité à laquelle on pouvait d’autant plus facilement refuser la même dignité qu’au reste, qu’on avait oublié que, si l’homme est respectable, c’est d’abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance qui l’eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants. [...]
(Source : site de l'UNESCO)
mercredi 30 septembre 2009
Je voudrais pas crever
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
(in Je voudrais pas crever, publié en 1962)
mercredi 16 septembre 2009
Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée
Missak Manouchian, 1906-1944
Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense.
Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.
[Illustration : L'affiche rouge]
mardi 15 septembre 2009
Mouche, Neuilly-Saint-Front dans l'Oise, 1946
Willy Ronis, 1910-2009
"Les nus de Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés. Ce sont des déesses toutes simples de passage dans le vingtième siècle. Il fallait être là pour les voir, à contre-courant de la dévastation générale. La clé est la pudeur qui (...) met la lenteur en chemin. Même prises au vol, ces femmes sont d'une merveilleuse lenteur. On dirait qu'elles dorment. Elles dorment, et quelqu'un les voit au-delà du sommeil."
Philippe Sollers
(Williy Ronis / Philippe Sollers, Nues, éd. terre bleue, 2008).
mardi 23 juin 2009
Le politique
Ils ont sonné à ma porte
Je suis sorti de mon lit
Ils sont entrés dans ma chambre
Ils m'ont dit de m'habiller
Le soleil par la fenêtre
Ruisselait sur le plancher
Ils m'ont dit mets tes chaussures
On chantait sur le palier
J'ai descendu l'escalier
Entre leurs deux uniformes
Adossé à une borne
Un clochard se réveillait
Ils me donneront la fièvre
La lumière dans les yeux
Ils me casseront les jambes
A coups de souliers ferrés
Mais je ne dirai rien
Car je n'ai rien à dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
Ils m'ont emmené là-bas
Dans la grande salle rouge
Ils m'ont parqué dans un coin
Comme un meuble... comme un chien
Ils m'ont demandé mon âge
J'ai répondu vingt-sept ans
Ils ont écrit des mensonges
Sur des registres pesants
Ils voulaient que je répète
Tout ce que j'avais chanté
Il y avait une mouche
Sur la manche du greffier
Qui vous a donné le droit
De juger votre prochain
Votre robe de drap noir
Ou vos figures de deuil
Je ne vous dirai rien
Car je n'ai rien à dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
Ils m'ont remis dans la cage
Ils reviennent tous les jours
Ils veulent que je leur parle
Je me moque des discours
Je me moque de menaces
Je me moque de vos coups
Le soleil vient à sept heures
M'éveiller dans mon cachot
Un jour avant le soleil
Quelqu'un viendra me chercher
On coupera ma chemise
On me liera les poignets
Si vous voulez que je vive
Mettez-moi en liberté
Si vous voulez que je meure
A quoi bon me torturer
Car je ne dirai rien
Je n'ai rien à vous dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
mercredi 27 mai 2009
Blue Room Event
Yoko Ono, born in 1933
This room is bright blue.
This room glows in the dark while we are asleep.
This room slowly evaporates every day.
This room moves at the same speed as the clouds.
Find other rooms which exist in this space.
This room gets as wide as an ocean at the other end.
This room gets very narrow like a point at the other end.
This window is 2000 ft long.
This window is 2000 ft wide.
Many rooms, many dreams, many countries in the same space...
This line is a part of a very large circle.
This is the ceiling
This is the floor
Stay until the room is blue.
This is not here.
(1966)
[Photo : John Lennon et Yoko Ono, Bed-in de Montréal, 1969]
jeudi 21 mai 2009
La parole en archipel
DANS L'ESPACE
Le soleil volait bas, aussi bas que l'oiseau. La nuit les éteignit tous les deux. Je les aimais.
LIGNE DE FOI
La faveur des étoiles est de nous inviter à parler, de nous montrer que nous ne sommes pas seuls, que l'aurore a un toit et mon feu tes deux mains.
(in La Parole en archipel, 1962)
mercredi 13 mai 2009
Rencontre
A l'occasion de la publication en français de son dernier roman Un Don (A Mercy) Toni Morrison est en Europe (francophone) cette semaine.
Après son passage à la librairie l'Arbre à Lettres à Paris (dans le 12e) où elle a rencontré ses lecteurs hier soir, elle sera :
- aujourd'hui 13 mai, à partir de
16h45, à la librairie
Kléber de Strasbourg (1, rue des Francs Bourgeois) ;
- jeudi 14 mai, à 18h, à l'ENS de Paris, salle
Dussane (45, rue d'Ulm) où elle donnera une conférence ; rencontre
animée par le professeur Pierre-Yves Pétillon, entrée libre
dans la limite des places disponibles ;
- vendredi 15 mai, à partir de 17h, à la librairie Payot de
Lausanne (4, Place Pépinet), en Suisse.
Plus d'info sur Mrs. Morrison : Editions Christian Bourgois
A noter que le roman a été traduit en français par Anne Wicke (l'une des traductrices entre autre de Laura Kasischke).
Elle était hier matin sur France inter, au 7/10 :
France Inter - Toni Morrison
par franceinter
France Inter - Toni Morrison
par franceinter
mercredi 15 avril 2009
La Chanson des vieux amants
Bien sûr nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour c'est l'amour folle
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête
Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime
Moi je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
O mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime
Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l'eau
Mais c'est toujours la tendre guerre
O mon amour...
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime.






