mardi 23 juin 2009
Le politique
Ils ont sonné à ma porte
Je suis sorti de mon lit
Ils sont entrés dans ma chambre
Ils m'ont dit de m'habiller
Le soleil par la fenêtre
Ruisselait sur le plancher
Ils m'ont dit mets tes chaussures
On chantait sur le palier
J'ai descendu l'escalier
Entre leurs deux uniformes
Adossé à une borne
Un clochard se réveillait
Ils me donneront la fièvre
La lumière dans les yeux
Ils me casseront les jambes
A coups de souliers ferrés
Mais je ne dirai rien
Car je n'ai rien à dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
Ils m'ont emmené là-bas
Dans la grande salle rouge
Ils m'ont parqué dans un coin
Comme un meuble... comme un chien
Ils m'ont demandé mon âge
J'ai répondu vingt-sept ans
Ils ont écrit des mensonges
Sur des registres pesants
Ils voulaient que je répète
Tout ce que j'avais chanté
Il y avait une mouche
Sur la manche du greffier
Qui vous a donné le droit
De juger votre prochain
Votre robe de drap noir
Ou vos figures de deuil
Je ne vous dirai rien
Car je n'ai rien à dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
Ils m'ont remis dans la cage
Ils reviennent tous les jours
Ils veulent que je leur parle
Je me moque des discours
Je me moque de menaces
Je me moque de vos coups
Le soleil vient à sept heures
M'éveiller dans mon cachot
Un jour avant le soleil
Quelqu'un viendra me chercher
On coupera ma chemise
On me liera les poignets
Si vous voulez que je vive
Mettez-moi en liberté
Si vous voulez que je meure
A quoi bon me torturer
Car je ne dirai rien
Je n'ai rien à vous dire
Je crois à ce que j'aime
Et vous le savez bien
mercredi 15 avril 2009
La Chanson des vieux amants
Bien sûr nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour c'est l'amour folle
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête
Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime
Moi je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
O mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime
Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l'eau
Mais c'est toujours la tendre guerre
O mon amour...
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime.
lundi 3 novembre 2008
The Ghost of Tom Joad
Man walkin' 'long the railroad tracks
Goin' someplace there's no goin' back
Highway patrol choppers comin' up over the ridge.
Hot soup on a campfire under the bridge
Shelter line stretchin' 'round the corner
Welcome to the new world order
Families sleepin' in their cars in the Southwest
No home no job no peace no rest.
The highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' down here in the campfire light
Searchin' for the ghost of Tom Joad.
He pulls a prayerbook out of his sleeping bag
Preacher lights up a butt and takes a drag
Waitin' for when the last shall be first and the first shall be last
In a cardboard box neath the underpass
Got a one-way ticket to the promised land
You got a hole in your belly and a gun in your hand
Sleeping on a pillow of solid rock
Bathin' in the city aqueduct
The highway is alive tonight
Where it's headed everybody knows
I'm sittin' down here in the campfire light
Waitin' for the ghost of Tom Joad.
Now Tom said: "Mom, wherever there's a cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst the blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or a helpin' hand
Wherever there's somebody struggling' to be free
Look in their eyes Mom you'll see me”
Well the highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' down here in the campfire light
Waitin' for the ghost of Tom Joad.
[Photo : "Jason McDaid", P. Rutherford, Arkansas Democrat-Gazette, 2007,]
Voir une adaptation BD de cette chanson ici
Tom Joad
Tom Joad got out of the old McAlester Pen;
There he got his parole.
After four long years on a man killing charge,
Tom Joad come a-walkin' down the road, poor boy,
Tom Joad come a-walkin' down the road.
Tom Joad, he met a truck driving man;
There he caught him a ride.
He said, "I just got loose from McAlester Pen
On a charge called homicide,
A charge called homicide."
That truck rolled away in a cloud of dust;
Tommy turned his face toward home.
He met Preacher Casey, and they had a little drink,
But they found that his family they was gone,
He found that his family they was gone.
He found his mother's old fashion shoe,
Found his daddy's hat.
And he found little Muley and Muley said,
"They've been tractored out by the cats,
They've been tractored out by the cats."
Tom Joad walked down to the neighbor's farm,
Found his family.
They took Preacher Casey and loaded in a car,
And his mother said, "We've got to get away."
His mother said, "We've got to get away."
Now, the twelve of the Joads made a mighty heavy load;
But Grandpa Joad did cry.
He picked up a handful of land in his hand,
Said: "I'm stayin' with the farm till I die.
Yes, I'm stayin' with the farm till I die."
They fed him short ribs and coffee and soothing syrup;
And Grandpa Joad did die.
They buried Grandpa Joad by the side of the road,
Grandma on the California side,
They buried Grandma on the California side.
They stood on a mountain and they looked to the west,
And it looked like the promised land.
That bright green valley with a river running through,
There was work for every single hand, they thought,
There was work for every single hand.
The Joads rolled away to the jungle camp,
There they cooked a stew.
And the hungry little kids of the jungle camp
Said: "We'd like to have some, too."
Said: "We'd like to have some, too."
Now a deputy sheriff fired loose at a man,
Shot a woman in the back.
Before he could take his aim again,
Preacher Casey dropped him in his track, poor boy,
Preacher Casey dropped him in his track.
They handcuffed Casey and they took him in jail;
And then he got away.
And he met Tom Joad on the old river bridge,
And these few words he did say, poor boy,
These few words he did say.
"I preached for the Lord a mighty long time,
Preached about the rich and the poor.
Us workin' folkses, all get together,
'Cause we ain't got a chance anymore.
We ain't got a chance anymore."
Now, the deputies come, and Tom and Casey run
To the bridge where the water run down.
But the vigilante thugs hit Casey with a club,
They laid Preacher Casey on the ground, poor Casey,
They laid Preacher Casey on the ground.
Tom Joad, he grabbed that deputy's club,
Hit him over the head.
Tom Joad took flight in the dark rainy night,
And a deputy and a preacher lying dead, two men,
A deputy and a preacher lying dead.
Tom run back where his mother was asleep;
He woke her up out of bed.
An' he kissed goodbye to the mother that he loved,
Said what Preacher Casey said, Tom Joad,
He said what Preacher Casey said.
"Ever'body might be just one big soul,
Well it looks that a-way to me.
Everywhere that you look, in the day or night,
That's where I'm a-gonna be, Ma,
That's where I'm a-gonna be.
Wherever little children are hungry and cry,
Wherever people ain't free.
Wherever men are fightin' for their rights,
That's where I'm a-gonna be, Ma.
That's where I'm a-gonna be."
(in Dust Bowl Ballads, 1940)
[Photos: The Grapes of Wrath, John Ford, 1940]
lundi 13 octobre 2008
Avec le temps
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus.
Léo Ferré - Avec le temps
lundi 4 août 2008
Blowin' in the wind
Pour lire la présentation de cette chanson et sa traduction*,
cliquez sur la photo :
(Joan Baez & Bob Dylan, March on Washington, August 1963)
How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, 'n' how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly
Before they're forever banned?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
How many years can a mountain exist
Before it's washed to the sea?
Yes, 'n' how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, 'n' how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.
(1er enregistrement : album Freewheelin', 1963)
*Traduction : www.bobdylan-fr.com
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Ecouter Dylan et Joan Baez :
dimanche 3 août 2008
4th of July, Asbury Park (Sandy)
Sandy the fireworks are hailin' over Little Eden tonight
Forcin' a light into all those stoned-out faces left stranded on this Fourth of July
Down in town the circuit's full with switchblade lovers so fast so shiny so sharp
And the wizards play down on Pinball Way on the boardwalk way past dark
And the boys from the casino dance with their shirts open like Latin lovers along the shore
Chasin' all them silly New York girls
Sandy the aurora is risin' behind us
The pier lights our carnival life forever
Love me tonight for I may never see you again
Hey Sandy girl
Now the greasers they tramp the streets or get busted for trying to sleep on the beach all night
Them boys in their spiked high heels ah Sandy their skins are so white
And me I just got tired of hangin' in them dusty arcades bangin' them pleasure machines
Chasin' the factory girls underneath the boardwalk where they promise to unsnap their jeans
And you know that tilt-a-whirl down on the south beach drag
I got on it last night and my shirt got caught
And that Joey kept me spinnin' I didn't think I'd ever get off
Oh Sandy the aurora is risin' behind us
The pier lights our carnival life on the water
Runnin' down the beach at night with my boss's daughter
Well he ain't my boss no more Sandy
Sandy, the angels have lost our desire for us
I spoke to 'em just last night and they said they won't set themselves on fire for us anymore
Every summer when the weather gets hot they ride that road down from heaven on their Harleys they come and they go
And you can see 'em dressed like stars in all the cheap little seashore bars parked making love with their babies out on the Kokomo
Well the cops finally busted Madame Marie for tellin' fortunes better than they do
This boardwalk life for me is through
You know you ought to quit this scene too
Sandy the aurora's rising behind us, the pier lights our carnival life forever
Oh love me tonight and I promise I'll love you forever
(The Wild, the Innocent and the E Street Shuffle, 1973)
[Photo : Madam Marie, Asbury Park, at Experience the Shore]
Ecouter et regarder The Boss :
(Live at Hammersmith Odeon, 1975)
mardi 27 mai 2008
Le Temps des cerises
Jean-Baptiste Clément (musique : Antoine Renard)
Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête …
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille …
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sur la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant
Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles …
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi vos peines d’amour
J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte …
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur
(1866)
Écouter Noir Désir :
jeudi 15 mai 2008
Paris mai
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Le casque des pavés ne bouge plus d'un cil
La Seine de nouveau ruisselle d'eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile
J'ai retrouvé mon pas sur le glabre bitume
Mon pas d'oiseau forçat enchaîné à sa plume
Et piochant l'évasion d'un rossignol titan
Capable d'assurer le sacre du printemps
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Ces temps-ci je l'avoue j'ai la gorge un peu acre
Le sacre du printemps sonne comme un massacre
Mais chaque jour qui vient embellira mon cri
Il se peut que je couve un Igor Stravinski
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Et je te prends Paris dans mes bras pleins de zèle
Sur ma poitrine je presse tes pierreries
Je dépose l'aurore sur tes tuileries
Comme roses sur le lit d'une demoiselle
Je survole à midi tes six millions de types
Ta vie à ras-le-bol me file au ras des tripes
J'avale tes quartiers aux couleurs de pigeon
Intelligence blanche et grise religion
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Je repère en passant Hugo dans la Sorbonne
Et l'odeur d'eau-de-vie de la vieille bonbonne
Aux lisières du soir, mi-manne, mi-mendiant
Je plonge vers un pont où penche un étudiant
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris
Le jeune homme harassé déchirait ses cheveux
Le jeune homme hérissé arrachait sa chemise
Camarade ma peau est-elle encore de mise
Et dedans, mon coeur seul, ne fait-il pas vieux jeu
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis
La passion du futur, sa chronique amnésie
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris
C'est ainsi que parlait sans un mot ce jeune homme
Entre le fleuve ancien et le fleuve nouveau
Où les hommes noyés nagent dans leurs autos
C'est ainsi, sans un mot, que parlait ce jeune homme
Et moi l'oiseau forçat casseur d'amère croûte
Vers mon ciel du dedans j'ai replongé ma route
Le long tunnel grondant sur le dos de ses murs
Aspiré tout au bout par un goulot d'azur
Là-bas brillent la paix, la rencontre des pôles
Et l'épée du printemps qui sacre notre épaule
Gazouillez les pinsons à soulever le jour
Et nous autres grinçons, pont-levis de l'amour
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
mardi 18 mars 2008
Y a d'la joie
Y a d'la joie bonjour bonjour les hirondelles
Y a d'la joie dans le ciel par dessus le toit
Y a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y a d'la joie partout y a d'la joie
Tout le jour, mon cœur bat, chavire et chancelle
C'est l'amour qui vient avec je ne sais quoi
C'est l'amour bonjour, bonjour les demoiselles
Y a d'la joie partout y a d'la joie
Le gris boulanger bat la pâte à pleins bras
Il fait du bon pain du pain si fin que j'ai faim
On voit le facteur qui s'envole là-bas
Comme un ange bleu portant ses lettres au Bon Dieu
Miracle sans nom à la station Javel
On voit le métro qui sort de son tunnel
Grisé de ciel bleu de chansons et de fleurs
Il court vers le bois, il court à toute vapeur
Y a d'la joie la tour Eiffel part en balade
Comme une folle elle saute la Seine à pieds joints
Puis elle dit:
" Tant pis pour moi si j'suis malade
J'm'ennuyais tout' seule dans mon coin"
Y a d'la joie le percepteur met sa jaquette
Plie boutique et dit d'un air très doux, très doux
" Bien l'bonjour, pour aujourd'hui finie la quête
Gardez tout
Messieurs gardez tout"
Mais soudain voilà je m'éveille dans mon lit
Donc j'avais rêvé, oui, car le ciel est gris
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l'on n'a plus rien à dir'
Mais je crois pourtant que ce rêve a du bon
Car il m'a permis de faire une chanson
Chanson de printemps, chansonnette d'amour
Chanson de vingt ans chanson de toujours.
(1937)






